
De l’inconstance de l’ébéniste

Les jours avec… et les jours sans
Il y a des jours où tout roule : les assemblages s’emboîtent comme dans un rêve, les finitions sont impeccables, et même la poussière semble danser élégamment dans l’atelier. Ces jours-là, on se sent maître du bois, dompteur de rabots, alchimiste du vernis. On se dit qu’on est né pour ça.
Et puis… il y a les autres jours. Ceux où le ciseau à bois décide de déraper, où la colle sèche trop vite (ou pas assez), où l’équerre semble comploter contre nous. Ces jours-là, les copeaux volent – parfois accompagnés de quelques jurons bien sentis – et on se demande pourquoi on n’a pas choisi un métier plus tranquille… comme dompteur de lions, par exemple.
Mais c’est aussi ça, l’ébénisterie : une danse entre la précision et l’imprévu, entre la maîtrise et l’humilité. Chaque projet est une aventure, chaque raté une leçon. Alors on souffle, on ajuste, on recommence. Parce qu’au final, ce qui compte, ce n’est pas d’éviter les jours sans, mais de toujours avancer… et d’avoir un bon stock de café et de patience !
